Oubliez le Barolo : le vrai trésor caché du Piémont est un vin blanc à moins de 20 €

Kevin DELAFONT

7 février 2026

Quand on pense Piémont, on pense Nebbiolo, Barolo, Barbaresco. Des noms qui font rêver les amateurs du monde entier. Mais si le plus grand secret de cette région se cachait dans un cépage blanc que personne ne prenait au sérieux ?

Bienvenue dans le Roero, un labyrinthe de collines abruptes à quelques kilomètres des célèbres Langhe, où un vin blanc est en train de réécrire les règles du jeu.

Un cépage qu’on donnait aux oiseaux

L’Arneis n’a pas toujours eu la vie facile. Pendant des siècles, ce cépage blanc servait de faire-valoir au Nebbiolo : on le plantait en bout de rang pour attirer les oiseaux avec ses baies sucrées et protéger les précieux raisins rouges.

Son nom même, en dialecte piémontais, signifie « le petit difficile ». Presque disparu dans les années 1960, il a fallu une poignée de vignerons obstinés pour le sauver de l’oubli.

Le secret est dans le sable

Ce qui rend le Roero unique, c’est son sol. Là où le Barolo plonge dans des marnes compactes et anciennes, le Roero repose sur un sable fin d’origine marine, truffé de fossiles. Ce terroir donne à l’Arneis une minéralité saline que vous ne trouverez nulle part ailleurs en Italie.

C’est exactement ce que Giacomo Barbero, vigneron installé entre Canale et Vezza d’Alba, a décidé d’exploiter. Sa philosophie : faibles rendements, vendanges manuelles, vinification sans artifice. Laisser le sol parler.

10 ans plus tard : la révélation

Nous avons dégusté son Roero Arneis 2016 à presque dix ans d’âge. Et le résultat est stupéfiant.

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À l’œil, un or ancien lumineux qui annonce immédiatement la profondeur. Au nez, oubliez les arômes de pomme verte des Arneis jeunes : ici, on plonge dans la confiture de prune blanche, l’écorce d’agrume confite, le miel d’acacia. Et surtout, des notes d’hydrocarbure et de pierre à fusil qui rappellent les plus grands Riesling de la Moselle.

En bouche, c’est le choc. Une acidité tranchante, toujours vive après une décennie, soutient un corps ample et beurré. La finale ? Une persistance saline et une amande amère qui ne vous lâchent plus.

Pourquoi vous devriez y prêter attention

Selon plusieurs spécialistes du vin piémontais, l’Arneis du Roero est l’un des blancs italiens offrant le meilleur rapport qualité-prix-potentiel de garde. Comptez entre 12 et 18 € pour une bouteille de ce niveau.

À titre de comparaison, un Riesling Grand Cru alsacien ou un Spätlese de la Moselle offrant cette complexité après 10 ans vous coûtera facilement le double, voire le triple.

Le conseil que les connaisseurs gardent pour eux

Voici ce que la plupart des guides ne vous disent pas : si vous achetez un Roero Arneis aujourd’hui, ne l’ouvrez pas tout de suite. Oubliez-le 5 à 8 ans dans votre cave. Le sable marin du Roero donne à ce vin une capacité de vieillissement que personne ne soupçonne — et c’est précisément là que la magie opère.

Le Barolo restera le roi du Piémont. Mais son voisin blanc, longtemps méprisé, pourrait bien être le prince que tout le monde a ignoré.

Cave de prestige
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