Aux racines du mythe : petite balade historique sur le plateau calcaire
On remonte le fil du temps, direction ce fameux plateau calcaire qui électrise chaque vigneron du coin (le genre d’endroit où l’on sent, même lors d’une marche matinale, que l’histoire est en train de s’écrire sous les pieds). Château Canon, ce n’est pas uniquement une étiquette magnétique : c’est la véritable star patrimoniale de Saint-Émilion, ancrée depuis 1760 grâce à un certain Jacques Kanon (inspiré jusque dans l’orthographe de son nom, déjà une question d’image).À travers les siècles, la propriété passe de main en main, s’agrandit, se façonne, avant de passer dans une nouvelle dimension en 1996 – boum ! – emportée par les frères Wertheimer (Chanel, Place Vendôme, le sommet du raffinement). Le domaine rejoint ainsi la mythique galaxie Chanel, dont la philosophie du luxe irrigue chaque pierre des bâtiments rénovés par Peter Marino. On assiste à des rénovations grandioses orchestrées par Marino, puis à une gouvernance exemplaire signée John Kolasa et Nicolas Audebert (le sourire en bonus), pendant que des doubles magnums sortent du caveau pour célébrer le passage ⭐ Premier Grand Cru Classé B ⭐… On tient là un nectar statutaire et œnologique rare.
Mais Canon, c’est aussi une part du grand patrimoine Bordelais, classé en AOC Saint-Émilion Grand Cru, dont l’histoire croise celle des grandes figures du vin – un clin d’œil, la fusion de parcelles emblématiques, comme celle de l’ex-Château Matras en 2012, vient souligner la quête de pureté et d’enracinement. Ce qui fait la magie, c’est une transmission bien rodée, une ouverture maîtrisée sur la modernité, et cette ambition – sublimer le terroir, ressentir la minéralité, chercher la quintessence du fruit, le tout comme une référence à Saint-Émilion.
Il suffit d’un passage sur place ou d’une dégustation verticale pour comprendre que l’histoire du lieu n’est pas figée (l’an dernier, certains amateurs parlaient encore d’une “énergie particulière” ressentie dans la salle voûtée du chai).

Sous le capot : terroir, cépages et atelier high-tech au cœur du vignoble
Ici, la vigne n’a rien d’une production automatique. Château Canon s’étend sur 34 hectares de pur plaisir, enracinés dans le plateau calcaire à astéries orienté sud (pour capter toute la lumière, même sans UV). Voilà l’une des références du terroir Bordelais, au cœur de l’appellation Bordeaux, où le microclimat joue parfois les équilibristes : brumes à l’automne, sécheresse à l’été – c’est pas toujours évident.
70 à 75 % Merlot
25 à 30 % Cabernet Franc
Densité : 5 600 pieds/ha (on espace à peine, c’est intensif pour chaque souche)
Moyenne d’âge des vignes : 25 ans (on navigue entre jeunesse et maturité dynamique)
Rendement : 35 hl/ha (quantité ciblée, mais finesse assurée)
La gestion du vignoble est quasi-couture (le mot n’est pas trop fort sous l’égide Chanel), avec un travail parcellaire qui cultive la quête de la pureté du terroir, et une modernisation exemplaire : le chai moderne ressemble à un laboratoire d’innovation, pensé pour extraire l’élégance organoleptique à chaque vendange. La conversion à l’agriculture bio – amorcée, certification attendue sur le millésime 2024 – s’inscrit dans une vraie stratégie de viticulture durable, parfois évoquée lors d’ateliers pédagogiques avec les jeunes stagiaires du domaine.
Côté cave, la vinification sous inox donne ce tracé précis, suivie de 18 mois d’élevage en barrique (la moitié à plus de bois neuf… l’ambiance du chai ne trompe pas). En coulisse, l’équipe affine les volumes selon extraction douce et prise de bois parfaitement maîtrisées – une routine technique un brin impressionnante.
Pour une vision complète des parcelles et du patrimoine, téléchargez la carte du vignoble avant votre prochaine dégustation.

Parcelles anciennes jouxtant Croix Canon et l’ex-Matras (la fusion des terroirs n’a rien d’automatique, certains ouvriers parlent de “transmission intergénérationnelle” entre vignes centenaires et jeunes plants)
Merlots enracinés sur la roche vive, cabernets francs sur lisière sablo-argileuse
Travail centimétré et gestion rigoureuse des rendements (la météo dicte parfois son tempo, notamment lors d’épisodes climatiques imprévus)
Fini les improvisations, tout est réglé sur la maturation du raisin
Conversion bio : le vignoble vise la certification « verte » dans le cadre de l’écologie Bordelaise qui gagne du terrain
Vinification à la Canon : la précision, c’est tout un art (et un numéro d’équilibriste)
Ceux qui croient qu’il suffit de planter et d’attendre la pluie font fausse route : ici, on se rapproche plutôt du travail d’un orfèvre. Vendange exclusivement à la main, vinifications ultra-parcellaires (chaque cuve a sa trajectoire), tri affiné jusque dans les détails (cuvier séparé, sélection grain par grain), cuves inox pour la netteté, puis direction le confort d’un bois neuf modéré (50 à 70 %, juste ce qu’il faut pour ne pas masquer l’expression du fruit).
Thomas Duclos, œnologue conseil, affine les assemblages et oriente le style maison vers un équilibre subtil. La singularité : chaque vin du domaine (le “Grand Vin” Canon, sans oublier Croix Canon) poursuit sa maturation dans un circuit séparé jusqu’à la discrète mise en bouteille. Les phases de soutirage et collage sont travaillées dans le respect du style maison – le geste y prend parfois un air de rituel auprès des stagiaires.
Les secrets de cette vinification unique sont à explorer lors d’une masterclass ou d’une visite de cave : certains critiques, comme ceux du Figaro ou de Wine Advocate, y notent chaque année la quête de justesse et cette fameuse tension minérale.
L’équipe et l’esprit Maison : rencontre entre haute couture et savoir-faire vigneron
Ici, le sol a beau briller, c’est la main de l’homme qui révèle l’esprit du millésime (certains vendangeurs vous parleront volontiers de nuits passées à ajuster la vendange selon le rythme de la lune). À la barre, Nicolas Audebert (figure marquante, ex-Cheval des Andes), allié aux frères Wertheimer venus de la planète Chanel.
On retrouve cette ADN Maison (Place Vendôme, raffinement sans compromis), alliée à une innovation pragmatique et au respect du détail quotidien. La transmission ? Inévitablement forte – Canon incarne la notion de transmission intergénérationnelle, aussi bien dans la gestion du vignoble que dans la formation des jeunes œnologues. Le soin apporté ? On frôle l’obsession (pour le collectionneur aussi bien que pour le simple amateur, d’autant que le temps impose désormais l’excellence dans chaque flacon vendu 200 €).
La griffe Chanel, pas seulement un ornement marketing, devient un vrai positionnement communication/luxe, qui attire aujourd’hui une clientèle venue du monde entier, parfois en quête d’œnotourisme ou d’une expérience d’ambassadeur du domaine. Contactez directement l’équipe pour découvrir cette exigence – avec un peu de chance, il y a peut-être une place de stagiaire œnologue à décrocher…
Les vins de Canon : Grand Vin, Croix Canon, et l’affaire des grands millésimes
Pas question de confondre vitesse et précipitation : Grand Vin Canon demeure le chef d’orchestre, alors que Croix Canon joue la partition brillante sur la parcelle “Matras”. Deux profils issus du même sol, avec chacun son rythme : Canon, c’est une longévité en cave folle (10, 20, parfois 30 ans), la profondeur du merlot, la nervosité minérale et une signature tannique soignée.
Au nez, on est sur la myrtille, la menthe, la truffe, les fruits noirs… L’eau à la bouche arrive vite, pas vrai ? Les dégustations verticales organisées par des marchands comme Millésima ou Cavissima révèlent souvent des surprises, surtout sur les années à caractère exceptionnel (2016, 2019).
Canon Grand Vin : grande finesse, minéralité saillante, allonge aromatique, potentiel de cave remarquable
Croix Canon : plaisir instantané, fruits rouges qui claquent, structure plus souple mais bel ADN de la Maison
Années stars : 2015, 2016, 2019 – des millésimes qui font date dans le patrimoine du cru
Un conseil : consultez les notes dans les journaux spécialisés (Wine Advocate, Le Figaro, Wine Decider…), comparez les prix, imaginez une verticale, l’expérience réserve souvent des surprises.
| Millésime | Canon Grand Vin (Note WA*) | Croix Canon (Note WA*) | Caractère | Garde | Prix Canon | Prix Croix |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2015 | 96+ | 92 | Floral, minéral, juteux | 2035+ | 190–240 € | 38–45 € |
| 2016 | 98 | 93 | Graphite, fruits noirs, éclat | 2038+ | 210–260 € | 40–47 € |
| 2019 | 98+ | 92+ | Pureté, densité, précision | 2040+ | 180–230 € | 42–50 € |
| 2020 | 98 | 93+ | Fraîcheur, violette, subtilité | 2042+ | 190–250 € | 40–48 € |
*WA : Wine Advocate – histoire de parader avec vos notes, mais de nombreux critiques, du Figaro à Decanter, enrichissent désormais la réputation du cru.
Canon Grand Vin = la cave longue durée, le prestige discret (ceux qui l’ont gardé 20 ans racontent une « verticalité » qui change franchement avec le temps)
Croix Canon = plaisir direct, second vin mais clairement pas un second choix
2018, 2015, 2016 : une trilogie remarquable, en attendant le prochain millésime qui bouleversera peut-être la hiérarchie
Commander, comparer, déguster : tout pour acheter du Canon sans (trop) se tromper
Vous cherchez la pépite ? Canon Grand Vin tient la dragée haute des caves d’initiés, oscillant entre 140 € et 240 € selon l’année (et pour les vieux flacons… prévoir une tirelire sérieuse). Croix Canon ouvre la porte du grand vin autour de 40 €, plaisir d’amateur accessible sans trembler (certains cavistes de Bordeaux rapportent encore des files d’attente lors des arrivages des nouveaux millésimes).
À explorer sur les sites spécialisés : Millésima, Vinatis, Cavissima, SoDivin et bien d’autres
Bien cibler les années mythiques (toutes les récoltes n’offrent pas la même magie)
Pour les passionnés qui collectionnent ou spéculent : Canon coche toutes les cases – rareté, reconnaissance internationale, et de jolies plus-values à la revente, si l’on s’y prend tôt
Un passage sur un comparateur de prix ou un échange avec votre caviste vous aiguillera vite (sur certains forums de passionnés, il arrive qu’une “verticale maison” soit organisée pour tester la valeur patrimoniale des différentes années : ambiance garantie).
| Vin / Marchand | Millésima (2020) | Vinatis (2020) | Cavissima (2020) | Prix moyen |
|---|---|---|---|---|
| Canon Grand Vin 2016 | 245 € | 249 € | 243 € | 245 € |
| Canon Grand Vin 2019 | 212 € | 216 € | 210 € | 213 € |
| Croix Canon 2019 | 44 € | 43 € | 42 € | 43 € |
| Millésime | Cave min. | Cave max. | Potentiel de plus-value |
|---|---|---|---|
| 2015 | 5 ans | 25 ans + | ⭐⭐⭐ |
| 2016 | 8 ans | 28 ans + | ⭐⭐⭐⭐ |
| 2019 | 3 ans | 20 ans + | ⭐⭐ |
Surveillez les ventes en primeur, il peut y avoir de vraies opportunités sur les millésimes à venir (les marchands spécialisés et revues comme le Figaro ou Wine Decider publient souvent des alertes sur les lots Collector)
Tenter une verticale entre amis reste l’un des meilleurs moyens d’évaluer l’évolution des arômes et d’alimenter des débats (toujours animés…)
Canon versus la concurrence : qui vibre le plus fort à Saint-Émilion ?
À Saint-Émilion, le fameux plateau calcaire fait figure d’arène et les références ne manquent pas… Canon tient la dragée haute face à des géants : Château Cheval Blanc, Ausone, Pavie, Angélus, mais aussi Haut-Brion ou Rauzan-Ségla, la crème du classement Bordeaux (et le supplice du porte-monnaie si l’on s’attaque à la collection des grands millésimes).
La particularité de Canon ? Un supplément d’âme indissociable de la griffe Chanel, une approche haute précision et, surtout, une tension minérale discrète mais persistante en bouche. Les amateurs évoquent volontiers la “prise de bois” qui n’écrase jamais le fruit, et une fraîcheur salivante sur les années exceptionnelles. D’un point de vue tarif, Canon reste plutôt mesuré face à certains concurrents capables d’atteindre des sommets. À l’aveugle, il n’est pas rare que Canon séduise sur l’élégance et l’équilibre ; certains dégustateurs rappellent que, lors de salons comme Vinexpo ou au Cloître des Cordeliers, les jurys se laissent parfois surprendre.
Faites-en l’expérience lors d’une dégustation façon “duel” – le résultat peut surprendre, surtout si le millésime a profité d’une bonne gestion du climat.
| Domaine | Catégorie | Cote Saveur | Cote Prestige | Prix (2020s) | Style | Garde |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Château Canon | Premier GCC B | ⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐ | 140–240 € | Minéral, pur, élégant | 20–30 ans |
| Cheval Blanc | Premier GCC A | ⭐⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐⭐ | 600–1 200 € | Opulent, soyeux | 30 ans + |
| Ausone | Premier GCC A | ⭐⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐⭐ | 950–1 500 € | Généreux, calcaire | 30 ans + |
| Pavie | Premier GCC A | ⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐ | 350–700 € | Robuste, solaire | 30 ans + |
| Angélus | Premier GCC A | ⭐⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐⭐ | 350–600 € | Gourmand, ample | 25 ans + |
| Haut-Brion | GCC Graves | ⭐⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐⭐⭐ | 400–950 € | Racé, complexe | 30 ans + |
| Rauzan-Ségla | GCC Margaux | ⭐⭐⭐ | ⭐⭐⭐ | 80–150 € | Fin, souple | 20 ans + |
*GCC = Grand Cru Classé
Le mot de l’auteur
En toute franchise, Canon résume ce qui captive sur la rive droite : la maîtrise du geste, la recherche de l’émotion, cette dose de modernité juste, sans superflu. Le souvenir d’un Canon 2016 dégusté à l’aveugle aux côtés des têtes d’affiche du plateau reste marquant : le verdict est clair – fraîcheur, verticalité, une minéralité presque saline comme rarement. (Et pourtant, le voisinage ce soir-là n’avait rien à envier à la crème des classements internationaux.) Petit clin d’œil : Croix Canon livre de très belles surprises… À goûter sans préjugé, il joue dans la cour des grands parmi les “seconds”.
Voilà, le portrait Canon est brossé. Amateur de verticales, collectionneur ou simple curieux en quête de découverte, il devient difficile de ne pas accorder un certain respect (et une pointe de convoitise)… Canon, c’est Saint-Émilion au sommet – tout en restant à hauteur humaine.